samedi 1 août 2009

Jan et Macha

Soupir

Madrid déjà et quelques gouttes fines
Ton ventre gonflé et une voile sous mes cheveux
Un temps pour chaque route
Lumière

Une cloche laissée peut être sur le bord
Cassée, ligne amère où le sein se brise
Fier de n'être qu'un pas sur une route d'orgueil
Un pas ou un fossé

Jungle, gorge, amertume
Moi aussi je lisse le sable entre ses hanches froides
Comme tous les pêcheurs je me perds
Entre l'amour et Jan.

Madrid aux jours de drames
Grand drap lâché sur le front du printemps
Une veuve balançant ses épaules en arrière
C'est une tâche de nu
Quand le pays tient dans les côtes d'une femme

Jan, c'est elle, n'est-ce-pas
Elle te prend entre ses larges hanches
Et te balance au son de la nuit claquante

Tant que la lumière est,
Tu ne peux plus sortir plus sortir
Où que tu ailles avant qu'elle ait fini son triste chant
Ses bras autour de tes épaules demeurent
Et tu te sens mourir en elle

C'est ma tête toute entière qui brûle d'elle

Macha


N'es-tu paru qu'à la fin, Jan
Lorsque les poignets ronds de Macha ont cessés de frémir?
Je ne sais que son nom et la couleur de ses mains.

Macha
Ses grands yeux laids et sa peau sèche
Une morte debout sur le pas de Madrid
Apatride d'eau claire
Un chagrin

Macha et ces mains qui ne savent rien faire
Que plonger dans l'eau froide et se laver sans fin
Derrière un carreau, Macha
Macha ses mains encore sur le mur accrochées
Jan assis dans le caniveau.
Jan qui pleure
Si Jan marche ainsi le long des rues qui boites
La tête lâche et le corps ravagé
C'est encore pour Macha
Pauvre moi.

Mais après tout
pour un musicien russe, une course n'est rien
Que quelques vents soufflés à l'oreille du malin


Je pense encore à Jan tête nue doigts levés
Hacher les corps
Hacher les temps

et moi avec l'enfant.

vendredi 19 juin 2009

Crachat 1

Le froid sur la grand route
l'instant peine
aux derniers rayons.
Je suis le chemin

Le déclin de la mémoire
Aux échos de nos pas
Sur la terre battue.

La nuit qui souffle sans pitié
Sur nos visages offerts
Aux milles écorchures
d'un temps.

Lente paralysie qui monte
Au son du vent,
battant ,
les épis de blés en sommeil

Et les heures s'estompent
Aux chemins glacés du paysages
J'ombre.

Croiser le lendemain
Et le chasser.
La fuite. Longue échappée par dessus toi
Par dessus les ans
Les larmes de la glace
Quand elle fond sous la lune

(Longue nuit)

On marchera,
le sang et la boue
Le long des lacs de larmes
les ponts d'aciers
On regardera sans faillir
Les vagues de cris
se dresser,
redescendre
Nous mordre au visage, et emplir nos bouches
Déferler et s'éteindre
Dans la plaine...

On les regardera se faire violence
Rougir, rugir,
Mordre d'impatience
Et s'élancer parmi monts et vaux
Parmi maux et fronts
Toujours plus bas.
Les uns contre les autres,
La haine
Sauvage est leur lueur
Sauvage est la route qui les guident
De la pointe de la lance.

*


A ce rythme là
on pourra tous se fendre
De haut en bas
Comme frappé par la foudre,
par la hache émoussée.
Se fumer
Entre des doigts de vieux
Expert
l'art du martyre
Cigarette déroulée.
A ce rythme là
on regardera
Les vallons gonflés
Se crever

Puisque de toute manière,
les lèvres bleuis de sang
Je finirai

Une nuit, une seconde
Coagulée
Frapper moi la tête que j'explose
Je ne veux plus être.

Nuit.

dimanche 31 mai 2009

Traîner les jours

Marches plates et eau de solitude
Comme une rue charpentée vient s'asseoir au rebord
Mes quais, mes vagues et mes cheveux défaits
S'allongent près de ton corps qui ne veut rien comprendre

Mines froides de papier glacé, d'angine printanières
Mourir le poing sur la hanche, c'est tellement plus beau de gloire
De lumière, d'envie, de soleil sur nos peau
La gorge et l'enclume sont mes seules batailles
En dehors des peaux de lait des rivières et de leurs engluements


Berlin 1946 ou Cardiff un été, ou la vue de ton front entre monts et silences
Être froissée dès la naissance, c'est pour bien des visages.
Bien des villes, bien des amours le temps d'une insomnie
Berlin visage froissé, tout ça n'a d'importance
Qu'entre deux verres, deux glaces et quelques traînées d'âges

Les armures, comme les corps ne signifient plus rien
Les gestes sont des bras qu'on va jeter au sol
Marcher dessus c'est prendre les non sens
Au corps à corps ou à la peau
Plein les yeux sans en compter, jamais, leurs souffrances

Bercer dans ses bras la directions des pierres
Tailler dans le vif quand tout se fait plus sombre
Cela ne veut rien dire d'autre que les actes, et ce qu'ils ne disent pas

Ça m'est égale de mourir à l'aurore
Pourvu que dure la caresse de mon bras sur le tien
D'être romantique se lasse les endroits
Pourvu qu'ici devienne ailleurs et sale un peu plus loin
Mes larmes d'amoureuses