lundi 15 février 2010

Jan ou l'importance de la solitude /2

février 2009

Mon amour est parti

Assise sur un quai ivre, les rues viennent à tanguer. Immobile, nos êtres s'écartent un peu plus de ce sol trop bas.
Les eaux se muent en un courant d'amer, les jours vous fuient.
Vous courrez un peu plus vite mais le décalage est toujours plus grand.
Le pont sur la tempête qui dissimule un instant la barque vide, la pauvre jonque de mes Asies, n'est rien. Des pierres de crépon, des pierres d'aluminium légères comme le vent.
Soufflez donc un instant et les autres pareils, les fondations s'envolent.
Mon amour est parti sur une pelure épaisse d'une orange pleine d'acide. J'ai croquée, et à pleine dent le mal est revenu. Dans ma gorge s'est coulé la douceur sauvage d'un adieu sans touché.
J'ai agité ma main serrée sur un mouchoir. Sa couleur n'était pas le blanc terrible des grandes paix.
Ma main dans ce vide, personne pour regarder.

Croyez-vous en ces fers qui marquent les chevilles pour bien plus qu'une vie? Qui restent si présents que même après des mille, vous les sentez encore. Vos pieds se traînent, tintement imaginaire du métal sur le sol.
J'ai dans l'idée de mourir dans une grande maison couverte de carrelage. Blanc, étendue écarlate, miroir de perfection.
J'ai cette idée de mourir de solitude. D'apprendre à aimer novembre et ses grands froids.

L'espoir a une facette couleur argent terni. On gratte à sa surface, au souvenir de l'éclat.
On admire en silence, quelques instants, et on range à nouveau. Au fond du grand tiroir des grandes occasions. Qu'importe qu'il redevienne ce métal sans lueur. De le savoir là, prêt à briller à nouveau, nous garde loin du gouffre.

Mon amour est parti. Une route simple entre deux arbres morts, et déjà je ne le voyais plus. L'horizon s'est baissé pour cacher à mes yeux sa silhouette incertaine.
Voir ses mains se crisper n'était pas assez dur, il fallait les toucher.
Et mourir avec elles.



Vous, de me lever pour vous. D'aimer avec vous ces instants de quiétude, entre deux bras heureux, entre deux bras d'amour. Il n'y a que les matins agenouillée auprès de vous qui gardent un peu l'avenir et le passé dans une même coupe à boire, et à reboire encore.
Il y a dans la simplicité un regard de pardon. Quelque chose qui chante « je t'aimerai toujours ». Qu'importe de n'y croire qu'à moitié, ou de ne pas y croire beaucoup, il y a cette instant et sa simplicité.



Elle écrit sur des murs
Tendre et malhabile, de ses doigts abîmés
D'avoir trop gratté un sol qui n'en peut plus

Elle écrit sur des murs et chaque jour se passe