Il n'y a plus à dire
Simplement, il faut s'asseoir au pieds des murailles
Racler le sol de ses ongles rongés
Jusqu'à toucher l'eau
Jusqu'à que les os viennent affleurer à la rive
et alors, nous rêverons
nous rêverons encore de leurs corps amassés.
Bien sûr, bientôt descend la nuit
Ce n'est plus l'impatience qui coule sur nos joues
La souffrance et ses visages fermés
n'attendent pas.
Ce n'est plus qu'une résignation à l'oubli,
la colère est morte étouffée sous le sable
Avec un sac de terre sur la tête
et une pelletée d'eau
accrochée dans la gorge
S'asseoir
Ô comme il faut s'asseoir
Le ruisseau de nos souvenirs
va bien se taire un jour
et les berges se couvriront de peine
mais l'eau sera pur
Nous vivrons.
Nous étions à Salem quand elle s'est levée,
Personne ne l'a sentie venir et marcher sur nos têtes
La haine
Brasier.
Les premières flammes se sont faites lentes
se faites rondes entre nos côtes gelées
je sens
je sens en nous la chaleur
la craquelure se faire au dessus de nos épaules
fondant les espaces
tuant les cris
bientôt déjà nous sommes tous descendus
en dessous du niveau de la terre
et nous creusons vers la surface
et l'air manque
et
Entendez vous les peaux brûler entre les foyers de colère
l'odeur douceâtre de ces chansons consummées
l'insupportable fumée, l'insupportable brume que dégage nos corps
et la cendre à nouveau, c'est une marche funèbre
sur nos poumons, dans nos poitrines
des respirations tendres qui peinent à expirer.
Tout s'achève.
Marchons à l'orée de la terre et la cendre à nouveau
avant que la nuit ne tombe sur nos yeux
grandes et élancées, les bourrasques de juillet
précipitent nos regards sur l'horizon
les forêts sont calmes et de nos mains coupées
nous écrivons des mots
nos silences attendent au soleil
mais bientôt il est déjà midi
nos joues ont séché
les peaux se craquèlent pour se fondre à la terre
les larges peupliers se balançent inquiets
penche ta tête, penche ta tête
il nous faut toucher l'eau
non il n'y a pas d'ombre entre nos mains
pas de lumière du jour égarée
seulement les flammes
toujours plus grandes, lacées de froid
avons-nous quelque part où marcher
que déjà le sol s'effondre.
[i]La voici, un tablier de coton encore noué aux hanches
Une chanson dans ses cheveux
Notre mère
Un coude effleure le sommet des herbes
un espoir attaché aux lèvres s'agrippe aux hêtres
elle ne sait pas.
d'année en années, les fleurs pleurent une fois de plus
Ces lèvres s'ouvrent et viennent à chanter
et elle entend
bientôt ses larmes rejoignent celles des fleurs fanées
leur complainte se mélant à la terre.
Ainsi, il fallait rejoindre la terre
coucher avec elle et tremper dans sa peau
pour devenir
et peut être
peut être
un jour renaître
mais il nous reste tant de fois à mourir.
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5 mots:
magnifique le plaisir des mots
et ce temps qui n'existe pas
... il nous reste tant de jours à ..!
merci vous
Toujours aussi beau... Et triste
......... mais où êtes vous claire lumi hier aujourd'hui ?
toujours là.
je cherche mes mots.
(merci vous, encore)
puisses tu les trouver avant que le vent ne les emporte
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